Relations Internationales

Des clés pour comprendre les relations entre les Etats, les organisations, les entreprises et les sujets transverses : conflits, intelligence économique, énergie, environnement, mouvement de populations, développement, etc.

Note de synthèse : Les migrations internationales

Ecrit par 015035 le 17 janvier 2010

L’ambition de cette note de synthèse est grande. Il s’agit de décrire les caractéristiques des migrations actuelles sans tomber dans le multiculturalisme politiquement correct. Cette note est motivée par le dernier rapport du PNUD 2009 (Programme des Nations Unis pour le Développement).

http://hdr.undp.org/fr/rapports/mondial/rmdh2009/

Celui-ci affirme, chiffres à l’appui et idéalisme en bandoulière, que le développement de la mobilité des populations est le meilleur moyen de… développer la globalisation. Celle-ci est une telle réussite, surtout pour les traders de Wall Street et de la City, qu’il serait dommage pour le PIB mondial de ne pas promouvoir la fuite des médecins d’Afrique à destination de l’Europe qui en a tellement besoin. Très loin de la réalité des migrations, ce rapport est une démarche de relation publique de la part de cette agence sans enjeu réel. Mais, le sujet des migrations mérite lui d’être décrypté, notamment du point de vue des relations internationales. 

Les migrations internationales sont un phénomène… international

La première constatation qui s’impose au sujet des migrations c’est qu’elles sont un fait, une réalité, qui s’impose aux Etats. Plus précisément, les migrations sont rarement concertées entre le pays de départ et celui d’arrivé. C’est un phénomène de politique internationale qui n’est pas le résultat d’une volonté politique. Il s’agit donc d’identifier les caractéristiques de ce fait social en minimisant les tentations de porter un jugement de valeur. Celui-ci est sans pertinence et surtout, méprisant pour les personnes qui vivent ces situations de migration le plus souvent très difficile.

Historiquement, les migrations sont associées à des événements de portées internationales : révolution, guerre, faillite d’Etat, catastrophe naturelle ou rareté environnementale prolongée, rupture économique. Aujourd’hui, les sources des migrations sont d’une part le déséquilibre entre la distribution des richesses et celle des populations, d’autre part, les conflits. La première entraine des migrations volontaires, la seconde des réfugiés ou des déplacés. 

Qu’est ce qu’un migrant ? 

Un migrant est une personne qui réside en dehors de son pays pendant au moins une année. Les migrations internationales touchent beaucoup de personnes mais elles ne sont pas massives au regard des populations locales.Il y a deux moyens de ne plus être un migrant, de retourner dans le pays d’origine ou d’adopter la nationalité du pays de résidence. L’étude de la classification des migrants est difficile car elle ne peut s’appuyer que sur les causes qui sont multiples et différentes. Toutefois, les spécialistes retiennent trois critères :

-   Les migrants forcés (9 millions) ou volontaires (191 millions)

-   Les migrants politiques (40 millions) ou économiques

-   Les migrants légaux (22 millions) ou illégaux (?)

Ces critères permettent de constituer trois catégories de migrants, surtout dans les media et les opinions publiques :

Dans la réalité, cette vision réductrice (il y a mathématiquement 8 catégories) n’est d’aucune utilité devant la complexité des situations particulières qui rend pratiquement cette classification quasi impossible. L’importance des migrations provient de leurs impacts sur les sociétés impliquées : par le départ et par l’arrivée de migrants. Ce sont ces caractéristiques qui présentent un intérêt réel pour la politique internationale. 

Caractéristiques des migrations internationales 

En terme quantitatif, il y a 740 millions de migrants internes. Au niveau international, en 2005, selon l’ONU, il y a environ 200 millions de personnes concernées, soit 3% de la population mondiale. 

   

Les migrations augmentent en nombre et elles sont surtout localisées dans les pays développés. De plus, les migrations entre les pays en développement et les pays développés ont augmenté constamment depuis la fin de la décolonisation. Les flux de migration selon les axes Nord-Sud et Est-Ouest sont en millions de migrant :

La migration c’est aussi diversifiée. Il y a 9 millions de réfugiés dans le monde, il y a 5 millions de migrants économique dans les Etats du Golf, il y a 8 millions de migrants illégaux en Afrique du Sud, enfin il y a des personnes qui pratique des périodes de migrations pendant leur vie pour des raisons diverses et parfois indépendantes de leur volonté. Le nombre de pays concernés par les flux migratoires s’est accrus. Globalement, tous les pays sont désormais concernés comme pays de départ, de destination ou de transit. Certains pays sont devenus des hubs de migrations.

Les deux facteurs qui expliquent l’augmentation de ce phénomène sont la diminution du coût des transports et des communications. 

Qu’elles sont les conséquences des migrations internationales ? 

La principale conséquence pour le système international est le développement de communautés transnationales qui permettent d’orienter les opportunités de travail et les flux financiers. Ceux-ci sont parfois supérieurs aux montants des aides officielles entre un pays du Nord et un du Sud. Ainsi, en 2005 il s’agit de $337 milliards entre les pays de destination et les pays d’origine, soit 3 fois le montant de l’aide au développement. Réciproquement, la rentabilité de secteur économique dans les pays du Nord est conditionnée par la possibilité d’utiliser des migrants dont le coût salarial est plus faible. Cela n’a pas de sens de parler des migrants comme facteur bénéfique de développement économique. Pour le démontrer il faudrait pouvoir comparer le développement économique d’un pays avec l’arrivée de migrants et sans migrants sur une même période. L’arrivée de migrants dans un pays est simplement une augmentation des ressources humaines disponibles pour le circuit économique du pays d’accueil.

Par contre, l’impact le plus important réside dans la sphère sociale et culturelle. C’est l’accroissement de la diversité des langues, des coutumes et des religions qui enrichissent les sociétés d’accueils des migrants. Cependant, depuis les attentats du 9/11, cet enrichissement est parfois transformé en sujet de sécurité et de souveraineté. C’est désormais un sujet de relations internationales ou les Etats sont les premiers acteurs concernés. Pour agir, ils ont besoin d’un statut légal du migrant, partagé par l’ensemble de la communauté internationale. Ce droit à la mobilité sera dépendant des « besoins en migrants » des Etats et de leur capacité à le moduler. La migration internationale devient un enjeu de pouvoir et de rivalités économiques entre les pays. C’était déjà ce qui apparaissait dans le cas des réfugiés. 

La catégorie des réfugiés  

Sont définis comme réfugiés les personnes reconnues par la convention de 1951 et le protocole de 1967 des Nations Unies, la convention de 1969 de l’OUA, conformément aux statuts de l’UNHCR ainsi que les personnes qui reçoivent un statut humanitaire ou une protection temporaire. La carte de l’Afrique ci-dessous montre que les conflits sont la source des mouvements de migrants qui obtiennent le statuts de réfugiés dès qu’ils traversent une frontière voisines

Les principaux effets de ces mouvements de population sont l’extension des conflits aux pays voisins et l’utilisation des populations de réfugiés pour déstabiliser la région. La communauté internationale peut agir par l’intermédiaire de ses agences spécialisées. Elle peut secourir les populations pour répondre aux crises humanitaires mais cela contribue à prolonger la situation de conflits latents. Les solutions sont longues et difficiles.

Les effets du changement climatique devraient contribuer à augmenter le nombre de réfugiés environnementaux et leur donner accès à un statut qui n’est toujours pas définis, la première vague serait de 26 millions actuellement et 200 millions d’ici à 2050.   

Bibliographie  

[1] Catherine Wihtol de Wenden, Le nouveau paysage migratoire, Les collections de l’histoire, n°46, 2009.

[2] Khalid KOSSER, International Migration, Oxford University Press, 2007

[3] Rapport sur le développement Humain, PNUD, 2009

 

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