Relations Internationales

Des clés pour comprendre les relations entre les Etats, les organisations, les entreprises et les sujets transverses : conflits, intelligence économique, énergie, environnement, mouvement de populations, développement, etc.

Résumé : Propaganda, Edward BERNAY

Ecrit par 015035 le 5 janvier 2011

Selon E. Bernay, le Machiavel de la démocratie médiatique, la propagande, une association systématique d’idées afin de promouvoir une doctrine, n’est pas bonne ou mauvaise en soi. Elle est un outil dont la valeur morale est au-delà du bien et du mal. Elle est fixée par les auteurs de la propagande. En temps de paix, elle est au service des acteurs de la politique internationale. Elle a pour objectif de transformer des milliards d’êtres humains en consommateurs joyeux, débonnaires et pacifiques dont l’existence ne va pas au delà des logos des marques des produits qu’ils consomment.

Edward Bernays 1891 – 1995

La meilleure propagande est celle qui présente de façon informative et éducative les faits qui deviennent des arguments par le simple poids de leur évidence. L’éducation des masses pour participer au processus discursif démocratique de la sphère publique doit être court-circuité en permanence par une élite de gestion de l’opinion publique, afin de guider et d’orienter l’opinion dans le sens souhaité ou nécessaire selon la vision de l’histoire ou du paradis, de l’élite dirigeante. La propagande coûte chère et elle ne bénéficie qu’à un petit nombre. Elle concerne les acteurs économiquement puissants avec un intérêt dans la gestion du bien public. Le bon propagandiste, ou conseiller en communication, est celui qui rend son préjugé évidemment nécessaire aux yeux de son contemporain sans jamais lui dire directement.

Résumé du chapitre 6 La propagande et l’autorité publique

Version française, 2007, de l’ouvrage Propaganda (1920)

Le pire dans une démocratie c’est la soumission des dirigeants politique à la volonté du peuple. Il est important que les leaders soit capable de forger, de former l’opinion publique à travers l’information délivrée. C’est la condition de leur popularité. Le pré requis à cette situation est la légitimité des dirigeants, la confiance du peuple envers ses représentants. Afin d’obtenir cette situation, les techniques de la propagande sont incontournables. C’est grâce à elles que les élus sont capables de cadrer l’opinion publique en ce début de XXième siècle dans notre société de consommation.

C’est la responsabilité de l’homme politique de vaincre l’apathie des citoyens envers le débat politique grâce à une communication qui sait toucher son audience et captiver son attention sur les événements relatifs aux biens publics. Mais cela nécessite en amont une capacité d’analyse précise, complète et approfondie des motivations des électeurs afin d’acquérir la capacité de persuasion des masses sur les idées quelles sont prêtes à accepter émotionnellement.
A partir de cette connaissance, la communication politique s’appuie sur une stratégie. Elle utilise autant le contenu du programme politique et les promesses électorales que les relais de la société civile pour les rendre crédibles. La communication politique accompagne les arguments politiques et elle renforce la crédibilité des propositions en mettant en avant leur rentabilité supposée et leurs bénéfices rêvés pour le bien public. Ceci, quelque soit la réalité et l’ampleur des profits pour les acteurs privés qui participeront à la mise en œuvre de ce programme politique.
La stratégie de communication politique est composée de moyens financiers et de média de masses qui doivent être géré et alloué en fonction de leur retour en nombre de bulletins de vote pour une élection ou d’adhésion à une action de politique étrangère.
C’est donc une démarche globale dans la sphère publique centrée sur les émotions suscitées et amplifiées pour obtenir l’adhésion à un leader politique. L’atteinte des objectifs politiques s’appuie sur les media de masse et le découpage de la population en groupes d’électeurs avec un profil émotionnel et des préoccupations propres. Le critère de réussite est l’ampleur de l’audience touchée. Les événements sociaux avec un impact émotionnel et médiatique localisé n’ont aucune valeur politique. Cette approche stratégique requiert des leaders politiques capables de déclencher les émotions les plus à même de collecter les suffrages et l’adhésion les plus nombreux au sein de chaque groupe d’audience ciblé. L’adéquation entre le type de media et les groupes ciblés est une autre condition nécessaire de réussite de la stratégie.
La difficulté du déploiement de cette stratégie est la coordination des campagnes médiatiques et la cohérence des messages.
Le mécanisme sur lequel repose l’efficacité des stratégies de communication politique est l’affiliation et l’identification d’un individu dans son groupe. Ce sentiment d’appartenance doit être fort afin que les électeurs choisissent leur leader en fonction des préjugés de leur groupe.

L’objectif final est d’amené l’opinion publique à partager les vues des dirigeants. Pour obtenir cette inversion de la relation entre les populations et les dirigeants dans une société démocratique, ces derniers doivent être capable de créer les événements et les circonstances qui donne la force de l’évidence à leur propre vision du bien public. Les événements sociaux, les relais culturels, les leaders d’opinions de chaque groupe est alors un atout important. L’enjeu est donc celui de la durée de vie des techniques de propagande avant le prise de conscience populaire.

Pour aller plus loin : la BBC a consacré un documentaire d’Adam Curtis à l’émergence des relations publiques dans la démocratie moderne « The century of the self »
- Sur Wikipedia :
« http://en.wikipedia.org/wiki/The_Century_of_the_Self »
- Sur le site web de la BBC :
« http://www.bbc.co.uk/bbcfour/documentaries/features/century_of_the_self.shtml »

Laisser une réponse



XHTML: Vous pouvez utiliser ces tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

*