Résumé : La politique internationale, théorie et enjeux contemporains, Pierre de Senarclens, Yohan Ariffin, Armand Colin 2007

25 septembre, 2014 | Commentaires fermés sur Résumé : La politique internationale, théorie et enjeux contemporains, Pierre de Senarclens, Yohan Ariffin, Armand Colin 2007

En cette période de crise économique systémique, je vous propose un résumé de la seconde partie « Le champ d’interaction étatique et économique » de l’ouvrage classique de politique internationale de Pierre de Senarclens, paru en 2007 et régulièrement mis à jour depuis (6ème édition).

PolInt

Les activités économiques : la production, l’échange, la finance, à travers les frontières sont une préoccupation majeure des pays de la société internationale. La différence majeure avec les relations inter étatiques (diplomatie et forces armées) introduite par ces activités est le rôle des entreprises, au moins aussi important que celui des Etats. L’économie en politique internationale pose le problème du rôle de l’Etat dans les activités économiques. Pour l’Etat les enjeux économiques sont la politique fiscale, monétaire, la sécurité des approvisionnement et les prix, le commerce extérieur. La difficulté est : comment combiner les instruments économiques (les parts du capital, l’ouverture du marché, l’union douanière et monétaire, le taux de change et le taux d’intérêt, le financement du déficit et l’investissement à l’étranger) et politique ?

Il y a deux types de réponse à cette problématique.

L’approche « réaliste »

La rationalité mathématique combine le profit et le pouvoir dans un calcul stratégique qui maximise le profit et la sécurité. Ce calcul est influencé par les actions potentielles des entreprises concurrentes et des pays rivaux. La question est alors qui de l’Etat ou des entreprises doit déterminer les critères d’optimisation ?

Pour le mercantilisme et le nationalisme économique, l’Etat est l’institution morale et de commandement pour assumer cette responsabilité. C’est la puissance morale car l’Etat est responsable de la subsistance et du maintien du bien être économique de la collectivité. Il doit alors déployer l’art de gouverner dans le champs économique autant que pour la sécurité. Ainsi, cet art requiert l’accroissement de sa puissance grâce a son enrichissement. Celle-ci est mesurée relativement à la richesse des autres. La puissance économique est la relation à un champs mondial de force.

Les stratégies d’abord développées par le mercantilisme sont l’accumulation de métal précieux, le développement de la production manufacturière, de la réduction de la dépendance extérieure de l’équilibre de la balance commerciale.

Pour les pays émergents, le nationalisme économique répond à la difficulté de développer leur propres capacités de production face aux grandes puissances industrielles qui bénéficient d’une avance technologique et de la domination des marchés extérieures. Les mesures protectionnistes contre ces produits sont les leviers privilégiés , notamment à travers des droits de douane ou des obstacles de normes, par l’Etat. Il finance aussi les industries naissantes avec des emprunts publics et l’octroi de monopoles. Dans ce cadre, l’intérêt collectif prime sur la liberté de l’entrepreneur et du banquier.

L’objectif stratégique de l’Etat est la production manufacturière et l’exportations, les risques proviennent des dépendances aux matières premières.

Pour les réalistes, les ressources économiques constituent un attribut de la puissance étatique. L’économie est un marché àsomme nulle où chacun tente de maximiser sa part en minimisant ses coûts. Pour bénéficier d’un système stable d’échanges une puissance dominante est requise. Cette puissance utilise le protectionisme sélectif, le régionalisme et le rôle des puissances secondaire qui peuvent limiter les risques de déstabilisation.

Lorsque le pays hégémonique n’est pas capable de réaligner ses objectifs de domination et ses ressources, un environnement propice aux conflits se diffuse.

L’approche « libérale »

Au contraire pour le libéralisme, la rationalité de la complexité des combinaisons profit et pouvoir est réalisée à travers des réseaux complexes d’entreprises et d’agents privés avec une délégation des Etats. La rationalité est alors hybride avec des facteurs sociaux et psychosociaux.

Les agents privés suivent des stratégies qui donnent les résultats les plus avantageux pour l’ensemble de la société. Le libéralisme est une application systématique du principe d’égalité entre l’intérêt individuel et collectif.

De fait, l’Etat est incapable d’assurer cette égalité, c’est le marché qui est l’institution qui réalise de façon optimale cette tâche. L’Etat est réduit à la défense du pays, à l’administration de la justice et des ouvrages publics.

Cette identité de l’intérêt entre le producteur et le consommateur est indépendante des frontières, d’où la nécessité du libre échange : « laisse faire, laissez passer ». La loi des avantages comparatifs de Ricardo montre l’intérêt stratégique des Etats à la spécialisation de leur économie.

Pour les libéraux, le développement des interdépendances complexes rend compte de la multiplication des acteurs et de la dynamique associée. Les gains absolus de ces échanges croisés module les gains relatifs et diminue le risque de conflits.

Le libéralisme fut l’idéologie de la Grande Bretagne au XIXème siècle et des Etats-Unis au XXIème. A l’issue de la Guerre Froide, l’objectif fut de développer les institutions internationales pour faciliter la globalisation des marchés et leur rôle dans la distribution des ressources et des bénéfices.

Les multinationales possèdent les capacités suffisantes pour établir leurs propres normes et contraindre les Etats à servir leurs intérêts. Les économistes alimentent leur réflexion stratégique, les Etats favorisent leur critère de rentabilité financière et les organisations internationales favorisent leurs stratégies oligopolistiques pour faire face aux risques financiers croissants.