Résumé : le Capitalisme

10 avril, 2015 | Commentaires fermés sur Résumé : le Capitalisme

L’état de l’économie est au centre des préoccupations des dirigeants et des citoyens. Cette attention est amplifiée par la crise financière depuis 2008 et ses conséquence sur la survie des régimes politiques des pays concernés. Cependant, l’économie n’est que la vision comptable du phénomène de transformation de la nature que les hommes, producteurs et consommateurs, réalisent quotidiennement. Ainsi, il est utile de rappeler son fonctionnement au cours de ce mouvement social, le Capitalisme, depuis les débuts de la Révolution Industrielle. Je vous propose un résumé du chap. 1 du QSJ d’Alain Cotta sur le Capitalisme (1983)

 Le processus de transformation de la nature assure la survie du régime politique et de son système social en fournissant la « richesse » qu’il s’agit de partager entre les membres de la communauté politique. La condition nécessaire de ce processus est la substitution d’une énergie musculaire, limitée et instable, par une énergie produite et contrôlée en fonction du besoin du système de production et de la demande des consommateurs. De fait, la capacité du transformation des ressources naturelles par des machines qui consomment l’énergie, permet la satisfaction des besoins et elle conditionne les relations entre les individus.

L’intensité et la variabilité de ce processus constitue l’histoire des infrastructures et des organisations du Capitalisme.

Tout d’abord, cette transformation est conditionnée par l’évolution des connaissances. Celle-ci suit une croissance exponentielle du nombre d’inventions et de ruptures technologiques par vingtaine d’années :

  • 1810/1830 = 15
  • 1830/1850 = 14
  • 1850/1870 = 16
  • 1870/1890 = 17
  • 1890/1910 = 19
  • 1910/1930 = 30
  • 1930/1950 = 13
  • 1950/1970 = 40

Depuis 1972 et l’invention du circuit intégré, la Révolution Numérique rend la tendance pratiquement indénombrable, notamment avec l’Internet aujourd’hui. Globalement, le taux annuel de croissance des articles scientifiques est de 10% depuis les années 1970. Dans la décennie 1800/1810 il y a eu 500 brevets, en 1960/1970 il y a eu 400 000 brevets.

Ensuite, la diversification et l’accumulation des chaines de valeurs rendues possibles par ces innovations technologiques. Les entreprises, acteur essentiel de la transformation, implémentent ces nouveaux modes de production rapidement et ils améliorent la productivité par saut important. Ils permettent l’émergence de marché à l’échelle planétaire pour une consommation globale.

Ces chaines de valeurs sont conditionnées par les innovations technologiques. La dynamique de cette variable permet de distinguer deux phases : l’incubation et la domination du marché. Dans le secteur textile, la navette volante de J Kay date de 1733 et le métier Jacquard de 1805. Dans les transports, la machine à vapeur de Watt date de 1769 et la 1ère ligne de chemin de fer de 1837.train

Dans le secteur du divertissement, le premier film sonore de 1919 et la première réception par la télévision de 1927. Mais dans tous les cas, le passage de l’incubation à la conquête du marché est rapide, de plus en plus rapide, c’est une rupture de la distribution du pouvoir entre les producteurs sur le marché. Ce phénomène est un défi stratégique pour les entreprises, celle qui rate une rupture disparaît, ainsi Kodak et l’appareil photo numérique. Les autres peuvent établir des situations de domination du marché grâce au contrôle des brevets ou des matières premières critiques, par exemple le cas des terres rares dominées par la Chine à hauteur de 95% de la production.

chercheur

L’émergence de la Chine s’observe notamment à travers l’accroissement exponentielle de sa communauté de chercheurs

De plus, ces chaines de valeurs sont dépendantes de matières premières critiques qui sont des enjeux stratégiques dès lors qu’elles sont localisées en dehors de la sphère d’influence des entreprises.

Ainsi, la dépendance britannique au charbon au XIXème dont la production est passée de 15 millions de tonnes en 1800 à 1 milliards en 1910 n’était pas un sujet de politique étrangère. Ce n’est pas le cas du pétrole, dont la production est passée de 4 millions de tonnes en 1870 à 2 milliards en 1920. L’interdépendance pétrolière représentait 27% du commerce internationale en 1937 (55% en 1971). Elle s’est accompagnée d’une diplomatie économique forte à destination de l’Iran avec le contrôle britannique de l’Anglo-Iranian Oil Company jusqu’en 1951. De même, dans le secteur textile, l’augmentation exponentielle des importations de laine (x10 et de coton (x20) entre 1800 et 1850 fut un facteur important de la politique britannique impérialiste en Asie du sud. Les ruptures technologiques ont aussi pour effet d’augmenter l’éventail des matières premières qui deviennent critiques, ainsi le secteur métallurgique est à l’origine de l’intérêt pour le chrome (1871), le manganèse (1882) et l’aluminium.

 Enfin, l’accumulation de ces chaines de valeurs, anciennes et nouvelles, conduit les entreprises et les Etats à prioriser entre les plus et les moins efficaces. Ainsi, la chaine de conversion du charbon a été détronée par le pétrole puis le gaz et le nucléaire sont venus les compléter. De même, dans le transport, le train a été détroné par la voiture et compléter par l’avion. Le réseau ferré a été consitué de 1850 à 1900 sous le leadership de l’Etat. Puis, le développement de la voiture et du réseau routier a pris le relais, de 1920 à 1970 le taux d’équipement automobile passe de 0 à 60%, avec un volume de 300 millions. Enfin l’avion, en 1945 il y avait 9 millions de passagers, 261 en 1968 et 400 en 1980.

capitalisme

Les économistes tentent de quantifier les conséquences des ruptures et de la diversification des chaines de valeur. Celle-ci sont imprévisibles par essence. Ce phénomène est appréhendé à travers deux dimensions temporelles, la durée, depuis les débuts du capitalisme (1850) et la seconde, les fluctuations annuelles. La combinaison de ces 2 axes permet d’identifier l’existence ou non de cycle et de leur fréquence. Selon la dimension historique, le processus de transformation permet d’accumuler des biens et des services à un taux relativement constant de 1 à 3% (x2 tous les 23 ans). Cette constance provient de la stabilité du taux de croissance des équipements productifs, obtenus par le taux d’investissement et le coefficient de capital (l’accroissement de la production permis par celui des machines). Ce dernier est constant et si le taux d’investissement est constant, alors le taux de croissance l’est aussi. A chaque rupture technologique, dès lors que la diffusion de la chaine de valeur s’est réalisée, on observe cette stabilité de l’accumulation dans la phase de maturité.

 Au système technologique et industriel il faut ajouter le système monétaire pour l’ensemble des composantes du processus de transformation fonctionne. Le rôle du système financier est l’émission de monnaie nécessaire aux échanges internationaux. La convertibilité en or des monnaies nationales papiers est assurée par les banques centrales en fonction de la répartition du stock d’or global. Le taux de change est fixe. L’équilibre est automatique, un pays excédentaire a une émission monétaire fonction des variations de son stock d’or et de son impact sur les prix domestiques. En 1929 et en 1971, cette convertibilité n’est plus assurée, le papier monnaie à alors un taux de change flottant fonction de sa capacité d’achat.

Les Etats et les entreprises sont alors confrontés à un problème stratégique dont les variables sont la technologie, les matières premières critiques et le choix des chaines de valeurs. Cette problématique s’inscrit dans chaque contexte  industriel que les historiens désignent par l’expression de « Révolution industrielle ». Ils distinguent :

  • La 1ère révolution industrielle : le charbon, le fer, le chemin de fer et la machine à vapeur
  • La 2nd révolution industrielle : le pétrole, l’électricité et l’automobile
  • La 3ème révolution industrielle : le gaz, le nucléaire, l’avion
  • La 4ème révolution industrielle : les technologies de l’information et de la communication et les énergies renouvelables

 La 1ère révolution est caractérisée par la stratégie impérialiste, sous l’hégémonie britannique, le mercantilisme commerciale pour l’organisation des approvisionnements et une monnaie stable, la livre Sterling. La croissance moyenne est de 1 à 3%. Les fluctuations sont cycliques jusqu’en 1914, de  3 ans d’expansion puis de dépression, une période de 8 ans, il y a 12 cycles avec une amplitude de la croissance de 20%

La 2nd révolution est marquée par l’entre deux guerres, ie les désordres monétaires et financiers, la réduction du commerce mondial. La crise des années 30 est caractérisée par une baisse de 30% de la croissance, un chomage à 30% de la population active.

La 3ème révolution, c’est l’après guerre, les trentes glorieuses, une accélératino de la croissance à 6% par an entre 1950 et 1970, soit un x4 de la richesse nationale en 20 ans. Certains pays ont atteint une croissance de 20% par an et un taux d’investissement de 35% grâce à l’action stratégique de l’Etat et des entreprises.